« Nous avons décidé d’agir en bon marin. »

Après avoir percuté une bouée métallique lors de la CIC Normandy Channel Race, Achille Nebout et Gildas Mahé ont décidé de regagner Lorient. Malgré la déception, l’équipe se montre particulièrement combative. Tous s’activent déjà aux réparations et aux optimisations afin d’être prêts pour la prochaine course de la saison, Les Sables – Horta – Les Sables, dont le départ sera donné le 27 juin. Avec Achille, retour sur l’enchaînement des faits et sur son état d’esprit intact.

Un départ tonique. « Au départ de la CIC Normandy Channel Race, dimanche dernier, les conditions n’étaient pas simples avec du vent et de la mer. On a fait preuve de patience avant de tout donner au départ en mettant la grand-voile haute et le grand génois. Ça nous a permis de partir pied au plancher et de virer en tête à la première bouée. Ce bord était extrêmement rapide, sauvage et les conditions étaient dingues ! »

Un début de course engagé. « La traversée de la Manche s’est faite au près, en étant un peu débridée et nous étions super rapide. Sans prendre de risques démesurés, nous étions dans le bon paquet avant d’aborder le contournement de l’île de Wight. Dans le chenal, tout était très technique entre de nombreuses bouées pas toujours éclairées, les bancs de sable, les bateaux qui se croisaient et qui empannaient, la flotte qui se resserrait… Bref, il fallait être extrêmement vigilant et on s’en sortait bien en restant dans les trois premiers. »

« Rentrer plutôt qu’affronter la tempête »

Un choc en pleine nuit. « Nous sommes tombés dans une zone sans vent à la sortie du chenal. En pleine nuit, vers 2 heures du matin, un concurrent, quelques mètres devant nous, nous faisait un angle mort et nous masquait la vue. Avec le courant, on progressait en crabe. Nous l’avons vu lofer en grand et le temps de comprendre, quelques secondes plus tard, nous avons tapé une bouée métallique. Nous avons tout de suite vérifié qu’il n’y avait pas de voie d’eau, que le safran et le mât n’étaient pas touchés. En revanche, le grand spi était déchiré et il y avait un enfoncement sur le côté du bateau. »

La décision d’abandonner. « Nous avons continué pour voir comment le bateau réagissait. Dans le même temps, on a envoyé une photo à l’architecte pour lui montrer la zone impactée qui s’était agrandie. Il nous a dit que ça pouvait s’aggraver. Le bateau était diminué, il nous manquait un spi, les conditions à venir étaient délicates… Lundi en fin d’après-midi, nous avons décidé d’abandonner. On a préféré agir en bon marin et rentrer à Lorient plutôt que d’affronter la tempête. »

« Ça aurait pu être bien pire ! »

 

L’état d’esprit combatif. « Ça a été forcément difficile à vivre, d’autant que je n’avais jamais abandonné une course ! Nous avions réalisé un bon départ, on était dans le match donc il y a de la frustration. Dans notre malheur, nous avons néanmoins la chance de ne pas avoir de dommages trop conséquents. Ça aurait pu être bien pire ! On a fait une erreur, on l’assume et on veut vite réparer, rebondir et se focaliser sur la suite. »

Les réparations déjà entamées. « Dès notre arrivée à Lorient, mardi midi, le bateau a été sorti de l’eau. Le travail de ponçage et de réparation a déjà commencé. Il y a un enfoncement entre la coque et le pont au niveau du livet qu’on devrait vite réparer. En revanche, la peau extérieure du bouchain – l’angle vertical de la coque sous le bateau – a été arrachée. Même si ce n’est pas structurel, ça nécessite un travail conséquent. »

Déjà tourné vers l’avenir. « En parallèle des réparations, nous réfléchissons à optimiser les performances du bateau dans toutes les conditions, notamment avec les voiles. Notre objectif, c’est de pouvoir remettre à l’eau afin d’être au départ de Les Sables-Horta-Les Sables, le 27 juin. Et j’ai bon espoir qu’on puisse être dans les temps ! »

Merci. « Je tenais à remercier l’ensemble de mes partenaires qui ont été très compréhensifs et pleins de soutien durant cette épreuve. Merci aussi à mon équipe qui a su réagir et tout mettre en œuvre pour gérer de la meilleure des manières cette avarie »

Claude Robin, fondateur et président du Groupe Amarris :

« J’imagine la déception d’Achille et Gildas à bord du Class40 Amarris et je tiens à saluer leur sang-froid et la cohésion dont ils font preuve. En course au large, nous savons que les conditions mettent les hommes et les bateaux à rude épreuve. Ils ont pris la décision la plus raisonnable pour pouvoir rebondir rapidement, avant le départ de la prochaine course Les Sables Horta à la fin du mois. Dans le sport comme dans l’entrepreneuriat, les conditions ne sont pas toujours réunies pour atteindre les résultats escomptés : patience et persévérance sont souvent de bons alliés pour performer ! »

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