Après deux nuits en mer, le skipper d’Amarris doit s’employer pour tout donner. Il qualifie les conditions du moment de « super engagées » et reconnaît que rien n’est facile. Mais il s’accroche, donne tout et garde une sacrée motivation. Ce mardi matin, à 8 heures, Achille pointait à la 21e place, à 50 milles du leader.
Pour mesurer à quel point ce que vivent les skippers de la Route du Rhum n’a rien d’un long fleuve tranquille, il suffit d’écouter Achille Nebout. Hier, le skipper ne cachait pas la rudesse du moment : « C’est super engagé, on a 20 à 25 nœuds de vent et de la mer formée. » Dans de telles conditions, le Class40 Amarris « part parfois au surf ». Surtout, « il plante dans les vagues », ce qui complique forcément la progression du skipper. « On a parfois un peu peur pour le matériel mais ça tient bon ! »
Désormais, une petite accalmie pointe à l’horizon. « Là, je suis sous petit spi et le vent va mollir un peu. » Alors que la flotte des Class40 est particulièrement dense, Achille est « dans une position assez intermédiaire ». Lucide, il explique : « J’aurais aimé être un peu plus au nord d’une dizaine de milles mais le vent ne prend pas. » Il en faut plus, bien entendu, pour grignoter sur son moral. « Pour l’instant, je ne me prends pas trop la tête. » L’heure n’est pas à l’introspection mais à l’action. « Avec de telles conditions, je passe beaucoup de temps allongé dans ma couchette, c’est l’endroit où je me sens le mieux. »
En attendant une forte dépression
Achille va bien, réussit à « bien se reposer » et « ne se sent pas trop fatigué ». « Il faut juste que j’arrive à manger un petit peu plus. » En revanche, il s’est bien amariné, a trouvé son rythme au large : « Je commence à bien me sentir en mer. »
Ce qui l’attend, c’est un long bord bâbord amures, sous spi. « L’enjeu du moment, c’est de bien anticiper le passage de la dépression qui est en train de se creuser au niveau des Açores. » Ce sera l’une des étapes majeures de la course et Achille sait que ce ne sera pas la seule. « La dépression s’annonce hyper violente, c’est difficile de savoir comment l’aborder et forcément, il y a un peu d’inquiétude », reconnaît Achille avec franchise. Et le skipper d’Amarris de conclure : « Jusqu’à l’arrivée, il y aura plein de pièges. C’est loin d’être fini ! »




