Alors qu’il entame son 7e jour en mer sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le skipper Amarris a réalisé un sacré numéro de résistance. Pendant trois jours, il a dû affronter une énorme dépression autour des Açores. Achille a connu quelques frayeurs, quelques pépins techniques mais il a résisté. L’Héraultais a fait même un peu mieux que ça puisqu’il pointe à la 1ère place au classement de 13 heures ce dimanche.
Le plus fort de la dépression est désormais passé. Sur les fichiers météo et la cartographie, cette grande masse circulaire a dépassé les Açores et la majorité de la flotte des Class40. Enfin, les conditions deviennent plus malléables et ce n’est pas pour déplaire à Achille. « Cette accalmie fait du bien, j’ai quand même pas mal de dégâts à bord ». Hier, il évoquait « des claques à plus de 40 nœuds, des grains, beaucoup d’instabilité ». « À chaque vague, j’avais peur que quelque chose casse. C’est vraiment sauvage et très usant ! »
Vingt-quatre heures plus tard, il confie avoir « eu un souci de safran, cassé son emmagasineur de J2 et une bastaque ». « C’est un petit carnage ! » Achille sait qu’il va devoir être très précautionneux pour la suite. « Il ne me reste qu’un seul emmagasineur, ce qui complique les manœuvres. Et le safran, c’est un point sensible. Mais je prendrai le temps nécessaire pour les changements de voile, quitte à en perdre au classement ». Ce matin, le skipper se voulait rassurant après « avoir passé la nuit à réparer les petits bobos ». « Ça m’a pris du temps, de l’énergie mais je pense que c’est bon ».
« Beaucoup de chance dans la malchance »
Parce que malgré ce contexte particulièrement délicat, Achille est parvenu à un sacré tour de force. Après avoir rallié le groupe des leaders qui filait au sud de la dépression, il y est resté et… en a même pris les commandes, au coude à coude avec Guillaume Pirouelle et Pierre Leboucher. « Je viens de regarder le classement et je crois que je ne m’en suis pas si mal sorti malgré mes péripéties ! »
Un enthousiasme précieux qui servira à coup sûr de motivation pour la suite. Achille sait qu’il « n’a pas vraiment eu le temps de souffler » en raison des réparations à effectuer sur le bateau. Surtout, le vent est toujours instable en force et en direction à cause des grains. Fidèle à son état d’esprit, le skipper Amarris continue de progresser et de batailler. « J’ai vu que les autres étaient restés un peu dans la pétole pendant que je profitais d’un petit grain. Tant mieux pour moi ! » Le constat était d’ailleurs toujours valable ces dernières heures : « je ne me suis pas beaucoup arrêté par rapport aux autres. J’ai eu beaucoup de chance dans la malchance ! »
En pensant à la suite, il en est convaincu : « rien n’est encore joué ». Bientôt, une nouvelle dépression devrait accaparer la tête de flotte. « Elle se déplace de manière assez étrange, cela influera forcément sur la manière dont on va la contourner ». Quoi qu’il en soit, le match en tête de flotte est passionnant et Achille promet que c’est loin d’être fini : « ça va matcher jusqu’au bout ! »




